Mon corps est devenu une arme de vérité puissante
Ce que j'ai découvert en dansant les yeux fermés pendant 4 mois
Je suis devant une feuille blanche. Des pastels usés étalés devant moi. Les doigts encore tremblants de ce qui vient de se passer dans mon corps.
Je viens de passer 40 minutes les yeux fermés, à me laisser mouvoir sans musique, sans consigne, dans un silence absolu. Et maintenant, je dois dessiner ce que j’ai vécu. Pas l’analyser. Juste le laisser sortir en couleurs.
Le problème ? J’ai cette croyance ancrée depuis je ne sais quand : je ne sais pas dessiner.
Plus encore : ce que je dessine ne mérite pas d’être vu. J’ai honte de l’exposer. Peur qu’on se moque. Peur de ne pas être assez bonne.
Mais mes mains se dirigent vers les pastels. J’ai besoin de sentir la matière. De me salir les doigts. De laisser la couleur se mélanger sous mes mains.
Et quelque chose d’extraordinaire se passe.
En dessinant, je me sens vivante. Plus présente que jamais. Je ne sais pas identifier ce qui me traverse, mais c’est intense. C’est d’une puissance déstabilisante.
Puis vient le moment de partager nos dessins en cercle.
Et là, quelque chose bascule en moi.
Je veux automatiquement montrer mon dessin avec une naturalité que je n’aurais pas pu prévoir.
Et je veux le montrer, pas parce que je pense qu’il est joli. Pas parce qu’il est bien fait ou réussi.
Mais parce que ce que j’ai ressenti en le faisant était si puissant, si authentique, que ce sentiment lui donne une validité.
Peu importe ce que les autres vont penser.
Attrapez votre boisson préférée, enfilez vos chaussettes douillettes, car je suis enfin prête à vous partager la transformation que j’ai vécu durant mes 4 premiers mois de retour à Puerto Rico (spoiler alert : aucun lien avec le phénomène Bad Bunny !) et comment ça va impacter ma manière de t’accompagner.
Je cherchais des outils. Mon corps m'a offert une révolution
Au mois d’août 2025, je me suis inscrite à un cours d’introduction à la Danse-Mouvement Thérapie (DMT) à l’Université de Puerto Rico. En parallèle, j’ai rejoint un atelier thérapeutique hebdomadaire de Mouvement Authentique, une approche issue de la DMT.
J’étais en pleine transition. Je venais de déménager de France à Puerto Rico après 20 ans d’absence. Je cherchais des techniques et des outils pour enrichir mon travail de coach et de thérapeute.
Ce que j’ai trouvé fut bien plus que cela.
J’ai découvert des expériences qui ont transformé des schémas que des années de thérapie verbale n’avaient pas réussi à dénouer complètement.
Parce que cette fois, ce n’était pas ma tête qui comprenait. C’était mon corps qui vivait la transformation.
Mon corps sait ce que je refuse de voir
Lors d’un des premiers exercices, basé sur le travail de Trudi Schoop, on nous a demandé de marcher comme une figure masculine significative dans nos vies.
Je me suis levée. J’ai essayé de bouger.
Rien n’est venu.
Littéralement, mon corps n’a pas su comment entrer en mouvement.
À ce moment-là, j’ai compris à quel point mon père avait été absent dans mon développement. Non seulement émotionnellement, mais dans la mémoire de mon corps.
Je le savais mentalement, bien sûr. Mais ici, j’ai pu voir que son absence était aussi imprimée corporellement.
Et là, j’ai compris la différence abyssale entre savoir quelque chose intellectuellement et le découvrir corporellement.
Ce fut l’une des premières révélations de ce parcours : le corps ne ment pas. Il porte nos histoires d’une manière que l’esprit ne peut pas toujours articuler.
Trudi Schoop, pionnière de la danse thérapie, a découvert quelque chose de révolutionnaire : il n’est pas nécessaire de mentaliser ou d’analyser le mouvement pour qu’il soit thérapeutique.
Si, à partir du corps, on arrive à plus d’amplitude de mouvement et plus de variété, alors le refoulé s’exprime. Et cela en soi est guérisseur.
La transformation ne requiert pas d’interprétation verbale. Elle demande une expérience somatique.
Là où les mots ne peuvent pas aller
Une autre découverte majeure de ce parcours a été l’Analyse du Mouvement Laban.
Rudolf Laban a créé tout un système qui identifie les émotions selon la qualité du mouvement. Et voici ce qui est extraordinaire : cela signifie que les personnes ne sont pas obligées d’identifier verbalement l’émotion pour pouvoir la transformer.
Vous savez combien de fois j’ai travaillé avec des personnes pour qui il est extrêmement difficile d’exprimer verbalement ce qu’elles ressentent ?
Avec mes techniques habituelles, je les aide à se connecter à leur corps pour ensuite mettre en mots les sensations. Puis avec le tapping (EFT), on libère l’émotion. Mais on passe toujours par le verbal.
Avec Laban, le processus peut aller du corps au corps directement.
Pas corps → esprit → corps.
Juste corps → corps.C’est une transformation qui ne requiert pas que la personne intellectualise son expérience. Elle la vit et la libère somatiquement.
Voir la vérité, les yeux fermés
Le Mouvement Authentique, développé par Mary Starks Whitehouse à partir des principes de C.G. Jung, est devenu mon ancre durant ces mois de transition.
Chaque semaine, le processus était le même :
On se réunissait en cercle. On partageait brièvement notre état émotionnel si on en ressentait le besoin.
Puis on choisissait un endroit dans la pièce. On fermait les yeux.
Et on se laissait bouger. Pas danser. Pas chercher à se mouvoir.
Se laisser habiter par les impulsions qu’on était en train d’écouter dans notre corps.
Les yeux fermés. En silence absolu. Sans musique. Pendant 20 à 40 minutes.
Au son de la cloche, on ouvrait les yeux. Et sans dire un mot, on allait vers les matériaux artistiques : peintures, pastels, crayons.
On devait plasmer sur papier notre processus de mouvement. Mais sans l’analyser. C’était presque continuer l’expérience du mouvement, maintenant à travers les couleurs et les formes.
Effacer une croyance à coup de pastels
C’est là que tout a basculé pour moi.
Je suis arrivée à cet atelier avec beaucoup de peur. Cette croyance que je ne savais pas dessiner. Que j’étais incompétente visuellement. Que ce que je pouvais créer ne méritait pas d’être vu ni partagé.
Je ne sais pas quand cette croyance m’est venue. Parce qu’étant petite, je passais des heures à dessiner. Je dessinais toujours. À un moment, j’ai même pensé devenir architecte.
Mais quelque chose s’est passé. Cette croyance s’est installée : je n’étais pas bonne. Et je n’ai plus jamais dessiné.
Jusqu’à ce que ces ateliers me forcent, entre guillemets, à m’y remettre.
Dès la première session, des pastels très vieux et usés ont attiré mon attention. J’avais besoin de sentir la matière, de me salir les doigts, de colorier avec mon corps, pas seulement avec la barre du pastel, mais de pouvoir estomper les couleurs et les mélanger avec le bout de mes doigts.
Ce fut une expérience que je ne peux décrire complètement en mots.
Je peux seulement dire qu’en étant dans cette action, je me sentais aussi vivante et présente que jamais.
Au fur et à mesure que les sessions passaient, j’observais comment la force, l’intensité ou la qualité du mouvement que j’avais durant le processus correspondait avec ma manière de faire les traits sur le papier.
Mon corps, ma seule référence
Mais ce qui m’est arrivé de plus surprenant, c’est que cette croyance que je dessinais très mal s’est effacée presque dès la première session.
Parce qu’après avoir dessiné, on se remettait en cercle. Chaque personne partageait ce qu’elle voulait de son processus. Et c’était optionnel de montrer le dessin.
Dès la première session, j’ai voulu naturellement, authentiquement et automatiquement montrer mon dessin.
Non pas parce que je pensais que c’était un bon dessin, ou qu’il était joli, ou bien fait.
Mais parce que ce que j’ai ressenti en faisant ce dessin était si fort, si vivant, si authentique, si puissant, que ce sentiment lui donnait une validité.
Ce sentiment donnait à ce dessin l’autorisation d’exister devant les yeux de n’importe quelle personne, peu importe ce que cette personne pense de ce dessin.
Et cela fut très révélateur pour moi.
Ce que je ressens dans le moment est suffisant pour que ce soit valide devant toute autre personne.
Non seulement je peux être, mais JE SUIS ma propre référence.
Je n’ai pas besoin de la validation d’une autre personne pour que ce que je ressens soit réel et valide.
Ceci est révolutionnaire pour moi, qui ai toujours été un peu timide et ai eu ces peurs d’être jugée. Ces envies de toujours faire les choses bien, comme un type de perfectionnisme.
Le beau dans tout ceci, ce n’est pas que ce soit quelque chose que je ne savais pas. C’est que cela a cessé d’être un concept cognitif, une affirmation positive que je dois me répéter.
C’est devenu une vérité incarnée.
Ce fut très libérateur. Et j’ai découvert une passion réelle pour les pastels. Une passion que je n’aurais jamais imaginé avoir.
Cette croyance que je ne sais pas m’exprimer en dessin s’est complètement effacée.
Le véritable lâcher prise
Il y a eu un autre moment décisif durant ce parcours.
Nous avons travaillé avec la technique de la danse contact. Ce n’était pas nouveau pour moi, mais je ne m’attendais pas à la percée que j’ai expérimentée.
J’ai fait l’exercice avec une participante qui ne connaissait pas cette technique. Et j’ai pu observer comment une partie de moi a immédiatement voulu prendre toute la responsabilité du lien.
Ce schéma de vouloir tout contrôler, de prendre toute la responsabilité, pour maintenir la connexion dans une relation, c’est quelque chose sur lequel je travaille en thérapie depuis longtemps.
J’ai ainsi pu être témoin d’une bataille interne. Entre la partie de moi qui voulait contrôler parce qu’elle ne faisait pas confiance au fait que l’autre personne puisse prendre sa part de responsabilité, et une autre partie qui savait que ce n’était pas authentique.
Jusqu’à ce que finalement je puisse lâcher prise.
Je me suis dit : « Ta seule responsabilité est de bouger de manière authentique, en faisant confiance au fait que l’autre fera sa part pour maintenir le lien à sa manière. Ce n’est pas à toi de t’adapter tout le temps pour assurer que ça soit fluide. »
Et ce fut profondément guérisseur.
Parce que juste au moment où j’ai lâché cette volonté de contrôle et fait confiance, la danse s’est transformée en quelque chose d’extraordinairement agréable.
Mon corps a expérimenté un soulagement énorme qui m’a fait sentir que maintenant oui, cette vérité était intégrée et que j’allais pouvoir l’appliquer naturellement à mes relations.
Ce qui est remarquable, c’est que cette intégration s’est produite dans le corps, non dans l’esprit.
Des années de travail thérapeutique avaient touché ce schéma au niveau cognitif, obtenant des résultats partiels.
Mais c’est dans ce moment de danse, dans ce soulagement physique immédiat, où finalement la transformation s’est ancrée.
Ce ne fut pas une compréhension. Ce fut une expérience somatique que mon corps connaît maintenant et peut se rappeler. Un espace auquel il peut revenir.
C’est le pouvoir de cette approche : elle ne travaille pas en expliquant ou conceptualisant, mais en vivant et sentant dans le corps même.
Mon corps, le poète de ma vie
Tout au long de ces mois, certaines phrases ont émergé spontanément durant ou après les exercices. Comme de petits poèmes que le corps articulait avant que l’esprit ne puisse les comprendre.
Dès la première session en France, avant mon déménagement : « Cœur brisé, mais pas mort, il bat quand même, se dilate et se contracte avec le mouvement de la vie. »
Puis déjà à Puerto Rico : « Je ne veux plus marcher. Je ne veux pas bouger. » Reflétant une fatigue dont je n’étais pas consciente.
Et lors de l’avant-dernière session, alors que je visualisais mon ancienne maison en France : « J’avance bien que je ne sache pas où je vais. »
Cette phrase capture peut-être la fin de mon processus de transition : le corps se mouvant vers l’avant même quand l’esprit n’a pas la certitude de la destination.
Ce qui s’est gravé dans ma chair
Cette expérience a complètement transformé ma façon d’accompagner.
J’ai appris que « le corps ne ment pas » est beaucoup plus qu’une observation. Que des années de travail thérapeutique peuvent trouver leur intégration finale dans un moment de mouvement.
J’ai découvert dans le travail de Trudi Schoop comment les absences de notre histoire sont imprimées dans notre corps. Dans l’Analyse du Mouvement Laban, j’ai trouvé un langage qui permet de témoigner des processus thérapeutiques du corps au corps, sans dépendre de la verbalisation.
Et dans le Mouvement Authentique, j’ai trouvé un espace où ma psyché a pu s’exprimer librement. Où a pu renaître une passion que je croyais perdue. Où j’ai appris qu’être vue par mon propre regard interne est aussi important que n’importe quel regard externe.
Surtout, j’ai confirmé que la transformation véritable n’a pas toujours besoin de passer par la parole.
Que parfois le chemin le plus direct vers la guérison est à travers le mouvement même, la couleur, l’expression non verbale qui permet à l’inconscient de se manifester sans les filtres de l’esprit.
Et maintenant, je veux intégrer tout ceci avec le travail que j’ai fait pendant des années avec la voix selon la méthode Roy Hart. Où j’ai exploré tous les registres de la voix humaine en partant toujours du corps car c’est le corps qui donne corps à la voix qui sommeil en nous.
Je vois comment ces deux modalités peuvent se compléter de manière magnifique : le mouvement qui donne naissance à la voix, la voix qui émerge du mouvement, toutes deux expressions authentiques de l’être intérieur.
Découvrir à ton tour ton arme de vérité
Cette expérience a complètement transformé ma façon d’accompagner.
Parce que j’ai intégré dans ma chair que les plus grandes transformations ne passent pas par la tête.
Elles passent par le corps qui se libère, la voix qui ose vibrer, le mouvement qui dénoue ce que les mots ne peuvent pas toucher.
Et maintenant, je veux offrir cet espace à d’autres.
Un parcours où ton corps peut enfin dire ce que ta tête n’arrive pas à résoudre. Où tu peux découvrir, comme moi, que tu peux être ta propre référence. Où tu peux vivre cette intégration profonde qui ne passe pas par l’analyse, mais par l’expérience.
Je prépare quelque chose de spécial pour le printemps à Rennes. Un voyage en 8 semaines pour explorer la voix et le corps qui élargissent la connaissance de soi d’une manière que tu n’as jamais expérimentée.
Je t’en dirai plus très bientôt.
Chaleureusement,
Mybel
Ce que tus lis résonne et tu souhaite développer ta qualité de présence à ton corps ? Je t’invite à participer dès maintenant à mon challenge OFFERT : 10 Jours Pour Revenir À Toi.
Retour le plus récent :
“Le challenge m’a apporté beaucoup de bien-être. La pratique apaisait mes douleurs, me reconnectait à moi, ma joie, la gratitude s’invitait même pour des choses toutes simples. Les questions qui accompagnaient la pratique m’ont aidée à mieux comprendre le message que me faisait passer mon corps douloureux. Je repars avec la conscience que ma santé, le développement de mon entreprise, ma joie, ma créativité etc. TOUT est lié à l’alignement corps-coeur-esprit…” -V.DS


