Comment ma voix est devenue ma médecine
À toi qui crois chanter faux et qui as peur de porter ta voix
La semaine dernière, je vous ai raconté comment mon corps est devenu une arme de vérité puissante grâce au mouvement authentique. Plusieurs d’entre vous m’ont écrit pour me dire que ça résonnait profondément.
Aujourd’hui, je veux vous parler de l’autre côté de ma transformation : ma voix.
Parce que si mon corps a libéré ce que ma tête ne pouvait pas comprendre, ma voix a libéré ce que mes mots ne pouvaient pas dire.
Alors, attrapez votre boisson préférée, enfilez vos chaussettes douillettes, et plongeons dans le vif du sujet.
Je suis dans la voiture avec ma mère. Il fait nuit. On rentre à la maison.
Demain, j’ai une audition pour le chœur de l’Université de Puerto Rico — l’un des chœurs les plus prestigieux de mon île. J’ai travaillé ma chanson pendant des semaines. Mon cœur bat vite rien que d’y penser.
Alors je décide de la chanter pour elle. Pour avoir son avis et qu’elle me dise que je suis prête.
Je commence. Ma voix remplit toute la voiture. Même le coffre !
Et en retour... silence.
Pas un mot. Pas un geste. Rien.
Je prends ce silence comme un verdict. Le plus douloureux.
Le lendemain, je me retrouve à inventer des choses à faire. Plein de choses urgentes, soudainement. Je range ma chambre d’une manière méthodique et j’enchaîne les tâches, jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour me rendre à l’audition.
Je sabote mon audition. Je musèle ma voix.
Ce jour-là, j’ai décidé de la ranger bien au fond de moi. De ne plus jamais la montrer à personne.
Ma voix, mon secret
Pourtant, j’ai toujours eu une fascination pour la voix.
Petite, vers 7 ou 8 ans, j’étais obsédée par le message automatique du téléphone fixe. Cette voix bilingue — espagnol, anglais — qui disait avec une justesse parfaite : “El número que usted ha marcado...”
Je l’ai apprise par cœur. Et parfois, je décrochais le téléphone pour réciter ce message moi-même, avec ma petite voix qui imitait une grande dame professionnelle.
Je jouais déjà avec ma voix, sans savoir qu’elle deviendrait un jour mon chemin.
Adolescente, je chantais pendant des heures dans ma chambre, porte fermée, musique à fond. Sous la douche aussi — parce que la résonance y est parfaite.
Chanter pour moi, c’était simple. Mais chanter devant les autres, c’était une autre histoire.
Je me souviens de ce petit copain musicien, quand j’avais 15 ans. Il adorait ma voix. Il voulait que j’intègre son groupe. J’ai passé l’audition. Ratée.
Puis de cette professeure de danse contemporaine au conservatoire qui cherchait une danseuse qui chante. Tout le monde m’a envoyée vers elle. J’ai commencé à répéter.
Un jour, elle m’a dit de ne plus venir. Sans explications.
Et après l’épisode de la voiture avec ma mère, j’ai posé inconsciemment une règle stricte.
Je chantais encore. Mais en secret. Dans ma chambre. Sous ma douche. Pour moi toute seule.
Quand je suis arrivée en France, loin de mon île, ma voix est devenue un exutoire. Quand la nostalgie me prenait à la gorge, je me mettais à chanter en espagnol pour me ramener un peu de chez moi.
Un jour, mon compagnon de l’époque m’a dit : “T’es mélancolique aujourd’hui.”
Je ne m’en rendais même pas compte. Je chantais pour panser mes blessures.
Je lui ai cependant presque donné un ordre : “Ne dis à personne que je chante, OK ?”
Parce que chanter pour moi, c’était trop intime. Trop vulnérable.
Je n’aurais pas pu supporter qu’on me demande dans une soirée : “Allez, vas-y, chante une chanson.”
Ça aurait été un cauchemar terrifiant.
Au bord du Gange, une promesse
Mais visiblement ma voix attendait son heure.
Un jour, en Inde, dans un petit ashram au bord du Gange, je ne savais pas que j’avais choisi un lieu où la maîtresse était une grande prêtresse de la musique sacrée. Des mantras, plus précisément.
Chaque soir, on chantait. Et là, quelque chose s’est ouvert en moi. Dès la première soirée, ma voix est devenue rivière.
À la sortie du premier Puja — ce rituel qu’on vit chaque soir dans le temple à la tombée de la nuit — l’assistante de la maîtresse m’a dit :
“Tu es devenue la rivière. Et moi aussi, je suis devenue la rivière avec ta voix.”
Pendant cette retraite, j’ai reçu un message très clair.
Et je me suis alors fait une promesse : à mon retour en France, je vais faire quelque chose avec ma voix.
Un territoire à découvrir
De retour en France, j’ai cherché. Mais je ne voulais pas de cours de chant classiques. Je ne voulais pas apprendre à maîtriser ma voix pour chanter des chansons banales.
Je voulais l’explorer comme un territoire.
Et comme par hasard, je suis tombée sur un flyer : “Atelier Voi(x)Yages” — ce jeu de mots m’a captivé en une seconde. Ça ne pouvait pas être un hasard.
J’ai appelé tout de suite. Mais c’était complet. Il a fallu attendre quelques mois.
Et quand j’y suis enfin allée, j’ai pleuré comme jamais.
Parce qu’ouvrir ma voix, c’était ouvrir mon cœur. Ouvrir des choses très profondes en moi. Ouvrir ma psyché.
C’était découvrir mes blessures sans le mental. Sans faire d’analyse. Sans trop interpréter.
Et c’était aussi me donner la permission de vibrer.
La science derrière la transformation
Ce que j’ai découvert dans ces ateliers, c’est que la voix agit à des niveaux que le mental ne peut pas atteindre.
Quand on chante, il ne s’agit pas que de sons qui sortent de notre bouche.
Il s’agit de vibrations qui traversent tout notre corps.
Nos cordes vocales sont des plis musculaires qui vibrent au passage de l’air. Ces vibrations se propagent dans nos os, notre sternum, notre cage thoracique, parfois même notre bassin.
C’est un auto-massage cellulaire. Une stimulation vibratoire somatique directe qui régule notre système nerveux.
Et voici ce qui est extraordinaire : quand vous parlez ou chantez, vous entendez votre voix de deux façons simultanées.
D’abord par conduction aérienne — comme vous entendez les autres. Le son sort de votre bouche, voyage dans l’air, arrive à vos oreilles.
Mais en parallèle, il y a la conduction osseuse. Les vibrations se propagent directement à travers les os de votre crâne, de votre mâchoire, jusqu’à votre oreille interne.
Et des études montrent que jusqu’à 70 ou 80% de la perception de votre propre voix vient de cette résonance interne.
C’est pourquoi votre voix vous semble plus pleine, plus chaude quand vous l’entendez de l’intérieur. Et c’est pourquoi vous n’aimez pas l’entendre enregistrée, car vous perdez cette intimité vibratoire avec vous-même.
Mais surtout, c’est pour ça que la voix libère ce que les mots ne peuvent pas dire. Parce qu’elle agit au niveau du corps directement. Sans passer par le mental.
La voix, visage de l’âme
J’ai appris autre chose dans ce parcours : la voix ne ment jamais.
Vous l’avez sûrement déjà expérimenté. Parfois, vous entendez quelqu’un parler et vous savez — juste à sa voix — que ça ne va pas. Qu’une émotion monte. La colère. L’envie de pleurer.
La voix révèle ce qu’on essaie de cacher.
On dit souvent que les yeux sont la fenêtre de l’âme.
Mais pour moi, la voix est le visage de notre âme.
C’est notre signature sonore unique. Une empreinte vibratoire qui vient de notre souffle — de la vie qui circule en nous.
Et c’est pour ça que c’est si difficile pour beaucoup de gens de chanter devant les autres. Ou même d’entendre leur voix enregistrée.
Parce que c’est extrêmement intime.
C’est comme offrir la vibration de nos os et une partie de nous qui nous est encore inconnue de nous-même.
La voix courageuse
Puis est venu mon premier cercle de chant de mantra. En 2015, à Rennes.
J’étais terrorisée.
Tellement que j’ai décidé de m’asseoir en silence, de méditer les yeux fermés pendant que les gens s’installaient. Trop terrorisée pour voir qui viendrait. Ou combien ils seraient.
J’étais persuadée qu’il y aurait peut-être trois personnes. Parce qu’à l’époque, en 2015, ça n’existait pas à Rennes. Et qui ça allait intéresser, en fait ?
Quand j’ai rouvert les yeux, j’ai vu dix personnes autour de moi.
J’ai failli éclater en sanglots. De joie. De surprise. De stress aussi.
Mais j’ai chanté. Et elles ont chanté avec moi.
Une blessure qui cicatrise enfin
Ensuite il y a eu le Centre de Voix Roy Hart. Le jour où j’ai fait sauter mon plafond de verre. Le jour où j’ai compris pourquoi j’avais eu si peur de chanter pendant si longtemps.
Au Roy Hart, on n’apprend pas à contrôler sa voix. On l’explore. Dans tous ses registres. Toutes ses capacités. Avec curiosité.
Pourquoi elle ne passe pas par là ? Pourquoi elle n’a pas envie d’aller là ? Pourquoi ça me fait peur ? Qu’est-ce que ça me fait dans mon corps ?
C’est un voyage sans fin. Parce que libérer sa voix, c’est véritablement libérer la vie en soi.
Ce jour-là, en sortant de scène, une chanteuse professionnelle m’a dit :
“Oh, tu m’as fait pleurer. Tu m’as rappelé les chanteuses de Fado portugais.“
Je me suis effondrée sur elle.
Et j’ai pleuré toutes les larmes que j’avais retenues depuis cette voiture avec ma mère.
Depuis ce silence qui m’avait dit que ma voix ne méritait pas d’être entendue.
Depuis toutes ces auditions ratées, ces occasions sabotées.
J’ai pleuré. Et je me suis libérée. Ma blessure pouvait enfin cicatriser.
Cette peur que nous partageons
Si je vous raconte tout ça, c’est parce que je sais que vous aussi, peut-être, vous avez peur de votre voix.
Peut-être que vous chantez sous la douche, mais jamais devant personne.
Peut-être que vous n’aimez pas entendre votre voix enregistrée.
Peut-être que vous avez cette croyance que vous chantez faux.
Peut-être que vous avez peur de donner de la voix quand vous animez un cours, un atelier, une réunion.
Je veux que vous sachiez que c’est normal.
Parce que la voix, c’est la partie la plus intime de nous-mêmes qui se révèle.
C’est notre âme qui vibre.
Et avoir peur de ça, c’est humain.
Mais ce que j’ai découvert, c’est que cette peur cache souvent une envie inavouable d’entendre notre voix plus souvent. Parce qu’une partie de nous sait qu’elle porte une puissance que nous ne soupçonnons pas et qui est salvatrice.
Une force de guérison. Une capacité à libérer ce qui est coincé depuis des années.
Parce que la voix porte les émotions que nous n’avons jamais pu exprimer avec des mots.
Ce que ma voix m’a appris
Depuis, j’ai intégré dans ma chair que ma voix n’est pas qu’à moi et qu’elle vient de loin.
Que ma voix est un pont. Une rivière. Un soin.
Qu’elle peut libérer en d’autres ce qu’elle a libéré en moi.
Et maintenant, je transmets ça. Pour que chacun, chacune puisse retrouver sa voie. Et ce qu’elle murmure dans le silence.
Un espace pour ta voix
Cette expérience avec la voix a transformé ma façon d’accompagner.
Parce que j’ai compris que donner de l’espace à la voix, c’est donner de l’espace à la vérité.
Comme je vous l’ai raconté la semaine dernière avec le mouvement, et aujourd’hui avec la voix, j’ai découvert que les plus grandes transformations ne passent pas par la tête.
Elles passent par le corps qui se libère, la voix qui ose vibrer, le mouvement qui dénoue ce que les mots ne peuvent pas toucher.
Et maintenant, je veux créer et tenir cet espace pour d’autres.
Dans quelques semaines, je vais ouvrir un parcours de 8 semaines en France où nous allons explorer ensemble le mouvement (comme je vous ai raconté la semaine dernière) ET la voix.
Un espace intime pour 6-8 personnes où ton corps peut bouger, où ta voix peut vibrer, où ta vérité peut enfin s’exprimer.
Je te parle très bientôt de ce qui se prépare.
Mais en attendant, je t’invite à te poser cette question :
Quelle est cette voix que tu caches encore ? Et que se passerait-il si tu la laissais couler ?
Chaleureusement,
Mybel
Ce que tu lis résonne et tu souhaites développer ta qualité de présence à ton corps ? Je t’invite à participer dès maintenant à mon challenge OFFERT : 10 Jours Pour Revenir À Toi.
Retour le plus récent :
“Le challenge m’a apporté beaucoup de bien-être. La pratique apaisait mes douleurs, me reconnectait à moi, ma joie, la gratitude s’invitait même pour des choses toutes simples. Les questions qui accompagnaient la pratique m’ont aidée à mieux comprendre le message que me faisait passer mon corps douloureux. Je repars avec la conscience que ma santé, le développement de mon entreprise, ma joie, ma créativité etc. TOUT est lié à l’alignement corps-cœur-esprit…” -V.DS



Sublime partage merci Mybel, je rêverais de me
Glisser dans cette retraite 🤍🤍🤍